Un sujet bien difficile en France que la liberté de la presse, surtout lorsque les hommes (et les femmes en l'occurrence) politiques y mettent leur nez. D'un point de vue idéaliste, la question devrait être simple: combiné à la liberté d'expression de manière générale, un organisme de presse quel qu'il soit devrait pouvoir parler de tous les sujets sans contrainte et sans risque judiciaire. Seulement ce n'est pas si simple, lorsque l'on parle de liberté, on ne doit pas oublier que celle-ci s'applique à tous et que, par conséquent, la liberté de certains ne doit pas déborder sur celle des autres ni atteindre aux droits des individus quel qu'ils soient.
C'est un sujet complexe, lorsqu'un article aborde une affaire impliquant un homme publique (un homme politique par exemple, mais pas seulement), on aurait tendance, au nom de la liberté de la presse, à vouloir le laisser s'exprimer. Seulement, si l'affaire n'est pas encore jugée, si l'article colporte des bruits ou des faits invérifiables, la présomption d'innocence de la (ou les) personne(s) concernée(s) n'est pas respectée, pire la forme que prend souvent ce type d'article ne laisse pas vraiment de possibilité de réponse par l'intéressé. C'est un vrai problème, car bien souvent si la personne est innocentée par la justice, la marque laissée dans l'opinion publique reste, voir dans l'esprit de certains cette innocence est contestable et pourrait même être la preuve que la justice n'est pas complètement indépendante et équitable.
Si l'on regarde l'histoire de la république, les exemples sont nombreux et parmi ceux-ci beaucoup sont ceux qui n'ont pas survécus politiquement dans ce genre d'affaire (et ce quelque soit leur culpabilité.)
Faut-il dans ce cas limiter la liberté de la presse, devrions nous interdire la divulgation d'information sur des affaires en cours tant que celles-ci ne sont pas jugées ? Je ne le pense pas, on en connaît les risques également et l'histoire, la encore, nous offre de nombreux exemples d'iniquités judiciaires qui n'auraient peut être pas eues lieu si le publique avait été informé.
Alors ? Pour moi la solution n'est pas forcément dans la lois. Et Internet justement nous offre un exemple intéressant. La force de la presse et son impacte sur la vie politique est proportionnelle à sa crédibilité. Réguler officiellement, ou donner l'impression que l'information propager par la presse est vérifiée lui donne une forme de sanctification et un pouvoir d'influence considérable. À l'inverse, lorsqu'un organe de presse est (ou semble) sans aucune forme de contrôle ou lorsque celui-ci est trop ouvertement partisan, le publique se méfie de son contenu. Il arrive même qu'une information, vérifiée, perdre de son impact si elle est aussi relatée par un organe de presse contesté.
Il faut démystifier la presse, au sens que l'information qu'elle relate ne doit ni être prise pour parole d'évangile, ni être rejetée sans autre forme d'examen. C'est la qu'Internet intervient, sur Internet il n'y a pas (il ne peut probablement pas) y avoir de contrôle de l'information. La quantité, l'absence de frontière et l'déstructuration du réseau font que toute information, quelque soit sa source, doit être passée au crible d'un examen attentif et d'un doute objectif. Si cette culture de la validation par le lecteur (et non par un hypothétique organisme de contrôle) se développe, alors la presse pourra retrouver une place adaptée dans la vie publique.
Voila pour la théorie, et en pratique ? En pratique, en France en particulier, seule la presse parle de la presse et la vision (et donc la nécessité d'une lecture objective de son contenu) que l'on a de cette presse n'est pas neutre. Il n'est pas dans l'intérêt d'un journal d'éduquer ces lecteurs pour que ceux-ci remettent en cause son propre contenu, au mieux, on verra certains appliquer se concepts à leurs concurrents plutôt qu'à eux mêmes.
Un autre point important dans une discussion sur la presse en France est son caractère communautaire: les journalistes et une bonne partie de leurs éditeurs (en tout cas des acteurs de l'édition) appartient à un même milieu culturel, social et politique. Comment, dans ces conditions, pouvons-nous faire confiance à la presse ?
Un exemple qui me choque beaucoup depuis quelques années concernent le traitement de Sarkozy. En même temps que celui-ci se construisait une place pour la présidentielle de 2007, on a vu se multiplier les attaques médiatiques sur sa personne et ses prétendues velléités fascistes. Soit, il ne plaît pas (au moins à la presse, puisqu'il a quand même était élu et avec un bon score), mais dans le même temps on l'accuse (dans la presse) de vouloir (et de pouvoir par l'entremise de ses relations mondaines) contrôler les médias (sous-entendue, la diffusion de la presse.) Or, comment un journaliste peut-il affirmer qu'un homme politique fait censurer la presse sans être lui même censuré ?
C'est un point important dans la vision que l'on peut avoir de la presse française. Celle-ci est composée d'êtres humains, qui ont comme il se doit leur propres opinions. On ne peut imaginer dans ces conditions que la presse puisse être impartiale, et ce n'est d'ailleurs pas un problème tant que la diversité des opinions ont une chance équitable d'être représentée et tant que le publique a conscience de cette partialité. Malheureusement pour nous, ce n'est pas le cas en France.
Je prenais l'exemple du traitement que reçoit l'actuel président dans la presse mais ce n'est pas le seul exemple. Il y a eu une petite affaire (qui n'a malheureusement eu que peu d'écho) concernant la retransmission par l'AFP de certains bulletins d'information du gouvernement. En gros, l'AFP qui est censé être un organisme neutre à toute liberté de diffuser, ou non, les communiqués de presse des partis politiques ou du gouvernement. Seulement voila, c'est le point de passage obligé de l'information gouvernementale vers la presse, l'un des rôle de l'AFP est justement de permettre à des organismes (publiques ou non) de diffuser leur message sur l'ensemble de la presse sans avoir à contacter chaque acteur du paysage médiatique individuellement. Donc, en théorie, lorsque le gouvernement veut informer de manière construite (sous entendu, avec un contenu plus solide que ce que permet une interview), il rédige un communiqué et le transmet à l'AFP, qui pourra alors le rediffuser à sa discrétion (en généralement en publiant un résumé accompagné d'un lien quelconque vers l'original.)
Seulement, de par son autonomie, l'AFP n'est pas tenu de faire tout ça, il peut tout simplement ignorer le communiqué. Du coup, dans certaines situations, le gouvernement voit ses réponses ou ses justifications passer à la trappe. Pourquoi ? Parce que l'AFP n'est pas neutre, ayant sa propre ligne éditoriale (au nom de la liberté de la presse), l'agence peut choisir l'information qui sera relayée. L'AFP étant l'une des sources majeures d'information de la presse française, elle peut (et elle semble le faire) contrôler le paysage de l'information en France.
Belle démonstration de la liberté d'expression, n'est ce pas ?
C'est un sujet complexe, lorsqu'un article aborde une affaire impliquant un homme publique (un homme politique par exemple, mais pas seulement), on aurait tendance, au nom de la liberté de la presse, à vouloir le laisser s'exprimer. Seulement, si l'affaire n'est pas encore jugée, si l'article colporte des bruits ou des faits invérifiables, la présomption d'innocence de la (ou les) personne(s) concernée(s) n'est pas respectée, pire la forme que prend souvent ce type d'article ne laisse pas vraiment de possibilité de réponse par l'intéressé. C'est un vrai problème, car bien souvent si la personne est innocentée par la justice, la marque laissée dans l'opinion publique reste, voir dans l'esprit de certains cette innocence est contestable et pourrait même être la preuve que la justice n'est pas complètement indépendante et équitable.
Si l'on regarde l'histoire de la république, les exemples sont nombreux et parmi ceux-ci beaucoup sont ceux qui n'ont pas survécus politiquement dans ce genre d'affaire (et ce quelque soit leur culpabilité.)
Faut-il dans ce cas limiter la liberté de la presse, devrions nous interdire la divulgation d'information sur des affaires en cours tant que celles-ci ne sont pas jugées ? Je ne le pense pas, on en connaît les risques également et l'histoire, la encore, nous offre de nombreux exemples d'iniquités judiciaires qui n'auraient peut être pas eues lieu si le publique avait été informé.
Alors ? Pour moi la solution n'est pas forcément dans la lois. Et Internet justement nous offre un exemple intéressant. La force de la presse et son impacte sur la vie politique est proportionnelle à sa crédibilité. Réguler officiellement, ou donner l'impression que l'information propager par la presse est vérifiée lui donne une forme de sanctification et un pouvoir d'influence considérable. À l'inverse, lorsqu'un organe de presse est (ou semble) sans aucune forme de contrôle ou lorsque celui-ci est trop ouvertement partisan, le publique se méfie de son contenu. Il arrive même qu'une information, vérifiée, perdre de son impact si elle est aussi relatée par un organe de presse contesté.
Il faut démystifier la presse, au sens que l'information qu'elle relate ne doit ni être prise pour parole d'évangile, ni être rejetée sans autre forme d'examen. C'est la qu'Internet intervient, sur Internet il n'y a pas (il ne peut probablement pas) y avoir de contrôle de l'information. La quantité, l'absence de frontière et l'déstructuration du réseau font que toute information, quelque soit sa source, doit être passée au crible d'un examen attentif et d'un doute objectif. Si cette culture de la validation par le lecteur (et non par un hypothétique organisme de contrôle) se développe, alors la presse pourra retrouver une place adaptée dans la vie publique.
Voila pour la théorie, et en pratique ? En pratique, en France en particulier, seule la presse parle de la presse et la vision (et donc la nécessité d'une lecture objective de son contenu) que l'on a de cette presse n'est pas neutre. Il n'est pas dans l'intérêt d'un journal d'éduquer ces lecteurs pour que ceux-ci remettent en cause son propre contenu, au mieux, on verra certains appliquer se concepts à leurs concurrents plutôt qu'à eux mêmes.
Un autre point important dans une discussion sur la presse en France est son caractère communautaire: les journalistes et une bonne partie de leurs éditeurs (en tout cas des acteurs de l'édition) appartient à un même milieu culturel, social et politique. Comment, dans ces conditions, pouvons-nous faire confiance à la presse ?
Un exemple qui me choque beaucoup depuis quelques années concernent le traitement de Sarkozy. En même temps que celui-ci se construisait une place pour la présidentielle de 2007, on a vu se multiplier les attaques médiatiques sur sa personne et ses prétendues velléités fascistes. Soit, il ne plaît pas (au moins à la presse, puisqu'il a quand même était élu et avec un bon score), mais dans le même temps on l'accuse (dans la presse) de vouloir (et de pouvoir par l'entremise de ses relations mondaines) contrôler les médias (sous-entendue, la diffusion de la presse.) Or, comment un journaliste peut-il affirmer qu'un homme politique fait censurer la presse sans être lui même censuré ?
C'est un point important dans la vision que l'on peut avoir de la presse française. Celle-ci est composée d'êtres humains, qui ont comme il se doit leur propres opinions. On ne peut imaginer dans ces conditions que la presse puisse être impartiale, et ce n'est d'ailleurs pas un problème tant que la diversité des opinions ont une chance équitable d'être représentée et tant que le publique a conscience de cette partialité. Malheureusement pour nous, ce n'est pas le cas en France.
Je prenais l'exemple du traitement que reçoit l'actuel président dans la presse mais ce n'est pas le seul exemple. Il y a eu une petite affaire (qui n'a malheureusement eu que peu d'écho) concernant la retransmission par l'AFP de certains bulletins d'information du gouvernement. En gros, l'AFP qui est censé être un organisme neutre à toute liberté de diffuser, ou non, les communiqués de presse des partis politiques ou du gouvernement. Seulement voila, c'est le point de passage obligé de l'information gouvernementale vers la presse, l'un des rôle de l'AFP est justement de permettre à des organismes (publiques ou non) de diffuser leur message sur l'ensemble de la presse sans avoir à contacter chaque acteur du paysage médiatique individuellement. Donc, en théorie, lorsque le gouvernement veut informer de manière construite (sous entendu, avec un contenu plus solide que ce que permet une interview), il rédige un communiqué et le transmet à l'AFP, qui pourra alors le rediffuser à sa discrétion (en généralement en publiant un résumé accompagné d'un lien quelconque vers l'original.)
Seulement, de par son autonomie, l'AFP n'est pas tenu de faire tout ça, il peut tout simplement ignorer le communiqué. Du coup, dans certaines situations, le gouvernement voit ses réponses ou ses justifications passer à la trappe. Pourquoi ? Parce que l'AFP n'est pas neutre, ayant sa propre ligne éditoriale (au nom de la liberté de la presse), l'agence peut choisir l'information qui sera relayée. L'AFP étant l'une des sources majeures d'information de la presse française, elle peut (et elle semble le faire) contrôler le paysage de l'information en France.
Belle démonstration de la liberté d'expression, n'est ce pas ?
